Équipe de recherche sur la pénalité

L’Équipe de recherche sur la pénalité s’intéresse aux théories, politiques, pratiques et expériences qui traversent le champ de la pénalité. Elle s’interroge sur la pérennité ou les mutations des fondements de l’intervention pénale contemporaine.

Les chercheurs de l’ÉREP analysent notamment les finalités, les différentes formes, les logiques, les manifestations  et les implications de la peine. La question des droits et de leur mise en œuvre et celle relative à la création de la loi font aussi partie de leurs préoccupations. Ils s’intéressent également à l’articulation du pénal avec les autres institutions et aspects de la vie sociale.


Composition de l'équipe


Membres de l'équipe

L'équipe est composée de chercheurs et de professeurs issus de l’Université de Montréal, l’Université d’Ottawa, l'Université Libre de Bruxelles, ainsi que de l’Université Catholique de Louvain.

Manon Jendly, Jean-François Cauchie, Marie-Marthe Cousineau,
Dominique Robert, Marion Vacheret, Bastien Quirion et Jean Poupart

 

Marion Vacheret (Université de Montréal), responsable
Laura Aubert (Université de Montréal)
Marie-André Bertrand (Université de Montréal)
Jean-François Cauchie (Université d'Ottawa)
Marie-Marthe Cousineau (Université de Montréal)
Manon Jendly (Centre international pour la prévention de la criminalité)
Dan Kaminski (Université Catholique de Louvain)
Philippe Mary (Université Libre de Bruxelles)
Antoine Mégie (Université de Montréal)
Alviro Pires (Université d'Ottawa)
Jean Poupart (Université de Montréal)
Bastien Quirion (Universté d'Ottawa)

Partenaires et collaborateurs
Dans le cadre de leurs travaux de recherche, les membres de l’ÉREP collaborent étroitement avec d’autres chercheurs de centres de recherche et d’universités. Un réseau en matière de justice pénale, notamment européen, a ainsi été développé. Il s’appuye sur des échanges/invitations de chercheurs et d’étudiants, la mise en œuvre de séminaires conjoints, des publications collectives et des projets de recherche communs.

René Lévy, Groupe Européen de Recherches sur les Normativités (GERN)
Laurent Mucchielli et Gilles Chantraine, Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP-CNRS)
Théodore Papathéodorou, Groupe européen de recherche sur la Justice pénale, Faculté de Politique sociale de l'Université du Péloponnèse
Philippe Mary, Centre de recherches criminologiques de l'Université Libre de Bruxelles
Jean-Paul Céré, Université de Pau et des Pays de l'Adour
François Courtine, Centre Interdisciplinaire de Recherche Appliquée au Champ Pénitentiaire (CIRAP)
Bernard Harcourt, Center for Studies in Criminal Justice, University of Chicago

Travaillant sur des questions de justice pénale, les membres de l’ÉREP échangent et collaborent régulièrement avec différents milieux de pratique, ainsi que plusieurs organismes publics et parapublics intervenant en ce domaine. Ce partenariat se manifeste ainsi sous la forme de collaborations à des rapports d’analyse, de travaux de recherche mandatés par un organisme, ou encore de communications devant un public de praticiens.

Service correctionnel du Canada (région du Québec)
Commission nationale des libérations conditionnelles (région du Québec)
Association des Services de réhabilitation sociale du Québec
Ministère de la Sécurité publique du Québec
Bureau du protecteur du citoyen du Québec


Activités

Outre les travaux de recherche menés par les membres de l’équipe, l’ÉREP organise régulièrement des tables rondes, séminaires ou ateliers de travail au cours desquels certains membres du groupe ou des chercheurs invités par l’équipe présentent leurs résultats de recherche et / ou l’état de leurs réflexions dans leur domaine d’analyse. Ces rencontres sont ouvertes aux étudiants, ainsi qu’à tout chercheur intéressé.

Parmi ces diverses activités, on retrouve :

2007

Colloque international sur le thème « Le pénal aujourd’hui : pérennité ou mutations »Punishment Today: Permanence or Mutation »
Ce colloque, organisé par l'ÉREP, se déroulera à Montréal du 5 au 7 décembre 2007. Y seront présentées des communications tant en français qu'en anglais.

Qu’il s’agisse de s’interroger sur les véritables fonctions de la peine, enjeux autour desquels viennent s’inscrire la « nouvelle pénologie », la justice actuarielle, la société de risque et même la « nouvelle réhabilitation », qu’il soit question des formes alternatives de la sanction pénale, ou bien encore qu’il s’agisse de définir le succès ou l’échec des interventions pénales contemporaines, les questions de souffrance, de contrôle ou de réintégration sociale sont encore et toujours au cœur des débats. Ce colloque a ainsi pour objectif d’amener une réflexion sur le pénal à partir de 5 grandes thématiques -peine, approches critiques et réhabilitation; peine, souffrance et opinion publique; peine et responsabilisation; peine et prisonnisation; et enfin repenser le pénal-. Chaque thématique fera l’objet d’une conférence plénière qui réunira trois répondants, et d’un atelier de travail composé de 8 intervenants. Ce colloque sera également l’occasion de marquer plus particulièrement l’anniversaire des 30 ans de la revue Déviance et Société . Ce colloque est ouvert à toute personne intéressée d’y participer.

Séminaires trimestriels
Une fois par trimestre, l’ÉREP organise un séminaire de réflexion, discussion et débat autour d’un thème déterminé et au cours duquel un chercheur spécialiste de la question est invité.

  • Lundi 12 fevrier 2007, 9h30-12h30, Université de Montréal. « Rethinking Our Acturial Age ». Bernard Harcourt (Université de Chicago) et Marion Vacheret.
    Discussion et débat autour de la justice actuarielle et de ses formes actuelles en Amérique du Nord. En s’appuyant sur les auteurs clefs dans ce domaine (Tom Baker; Malcolm Feeley; David Garland; Nicholas Rose; Jonathan Simon; entre autres), les participants à ce séminaire ont questionné tant les discours sur l’actuariel que les concepts qui en constituent les fondements.

  • Mardi 10 avril 2007, 9h30-12h30, Université de Montréal. « L’assignation à résidence sous surveillance électronique et carcéralisation ». Marie-Sophie Devresse (Université de Lille 1, France), Benoît Dupont et Marion Vacheret.
    Discussion et débat autour de la mise en œuvre de mesures techniques au sein du dispositif pénal, de la question du contrôle et de l’apparition d’une « carcéralisation virtuelle ». Les participants ont été amenés à se questionner à partir de textes clefs dans ce domaine.

  • Mercredi 29 août 2007, 14h00-16h00, Université de Montréal. « Victimes et système de justice pénale ». Séminaire animé par Christian-Nils Robert, professeur de droit pénal et de criminologie à la Faculté de droit de l'Université de Genève.

  • À venir en automne 2007. « La rationalité pénale moderne ». Alvaro Pires (Université d’Ottawa) et Richard Dubé.

75e Congrès de l’Association francophone pour le savoir - ACFAS
Les membres de l’ÉREP, dans le cadre du 75e Congrès de l’ACFAS qui s'est tenu à l’Université du Québec à Trois-Rivières du 7 au 11 mai 2007, ont organisé un colloque/atelier sur le thème « La pénalité au cœur des enjeux sociaux actuels ». Ce colloque/atelier visait à regrouper des chercheurs et des intervenants qui s’intéressent aux questions relatives à la façon dont la question pénale est appelée à évoluer dans notre société.
Un compte-rendu de ce colloque/atelier est disponible dans les Chroniques pénologiques vol. 2, numéro 2 (juin 2007).

Interlabo
En décembre 2007 aura lieu à Ottawa un Interlabo regroupant l'ÉREP, la Chaire de recherche du Canada en traditions juridiques et rationalité pénale du Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités (CIRCEM) et le Groupe Européen de Recherches sur les Normativités (GERN).


2006

Séminaire sur les « Innovations pénales », organisé conjointement par le département de criminologie de l’Université d’Ottawa et l’Université de Louvain-la-Neuve.

Table ronde sur le thème « Prisons, entre réhabilitation et coercition : un état des lieux », présentée dans le cadre du colloque de l’Association Internationale des Criminologues de Langue Française (Istanbul, mai 2006) .


2005

Colloque sur « Prisons et mutations pénales », organisé conjointement par le département de criminologie de l’Université d’Ottawa et le CESDIP.

Colloque/atelier sur le thème « Pénalité contemporaine et exécution des peines » présenté dans le cadre de l’ACFAS.


2004

Colloque sur « Le châtiment : histoire, théorie et pratiques », organisé conjointement par le CICC et le Centre de Recherche en Éthique de l’Université de Montréal (CRÉUM).


Chroniques pénologiques de l'ÉREP

Une fois par trimestre, l’ÉREP publie un bulletin d’analyse et de réflexions pénales. Ces publications mettent de l'avant des résultats de recherches menées par un ou plusieurs membres de l’équipe, présentent une synthèse analytique d’une activité organisée par l’ÉREP ou encore mettent en lumière des réflexions théoriques à la base des travaux de l’équipe.

Volume 1, numéro 1, juin 2006
Volume 1, numéro 2, septembre 2006
Volume 1, numéro 3, décembre 2006
Volume 2, numéro 1, mars 2007
Volume 2, numéro 2, juin 2007


Dernières parutions

Vacheret, M. et Lemire, G. (2007). Anatomie de la prison contemporaine. Montréal : Presses de l'Université de Montréal.

La prison demeure un univers méconnu. Cet ouvrage a pour but, non seulement de synthétiser l'essentiel des connaissances sur le milieu carcéral, le vécu des détenus, la place des gardiens, les liens entre membres du personnel et personnes incarcérées, mais aussi de réfléchir à l'institution elle-même dans un contexte de reconnaissance des droits des détenus et de bureaucratisation. Entre « prisonniérisation » et réinsertion sociale, entre coercition et relation d'aide, l'organistation carcérale a-t-elle encore son caractère « total » et coercitif dont on parlait au cours de années 1960 et 1970, ou bien a-t-elle changé en profondeur et jusqu'à quel point ?

En mettant l'accent sur les changements que la prison a connus depuis la fin des années 1970 et plus particulièrement ceux de la dernière décennie, les auteurs apportent un nouvel éclairage sur des dimensions importantes du milieu carcéral.


Nadeau, C. & Vacheret, M. (2005). Le châtiment : Histoire, philosophie et pratiques de la justice pénale. Montréal : Éditions Liber.

Le but de cet ouvrage n’est pas de présenter une généalogie conceptuelle du châtiment ni de brosser un panorama exhaustif des travaux en philosophie, en criminologie ou en droit sur les justifications de la peine. De façon plus modeste, nous avons voulu offrir au public un ensemble de travaux permettant de voir d’un peu plus près nos conceptions modernes de la justice pénale. De l’idée selon laquelle les peines sont infligées pour le propre bien des criminels à celle selon laquelle tout crime mérite d’être réparé par le châtiment, en passant par le caractère préventif des peines, nos conceptions de la légitimité des peines reposent sur un certain nombre de postulats en apparence assez simples et que pour cette raison l’on hésite à remettre en cause : nécessité de l’ordre public, dette du criminel à l’égard de ses victimes et de la société, etc. L’ensemble de ces articles permet de jeter un regard critique sur la justice pénale sans prétendre pour autant vouloir la disqualifier.

 

Poupart, J. et coll. (2004). Problèmes sociaux et interventions sociales. Québec : Presses de l'Université du Québec.

En quoi les changements socioéconomiques et pénaux qui se sont produits au cours des vingt dernières années dans nos sociétés contemporaines viennent-ils faciliter l’intégration des personnes judiciarisées et marginalisées? Que savons-nous des trajectoires de ces personnes et de leurs expériences, notamment des difficultés qu’elles rencontrent, des stratégies qu’elles élaborent et des ressources auxquelles elles font appel? Quel est l’impact des politiques sociales et pénales sur les processus d’intégration ou de marginalisation, notamment pour les groupes judiciarisés? En quoi les les pratiques professionnelles et les modèles d’intervention favorisent-ils une véritable insertion? Quels sont les enjeux et les dilemmes suscités par les notions d’intégration et d’insertion? Tels sont les principaux thèmes abordés dans le cadre de ce collectif qui regroupe des contributions de chercheurs francophones en provenance de la France, de la Belgique et du Québec.

Cet ouvrage se veut une occasion de faire avancer la réflexion sur l’impact des mutations sociales et pénales sur les processus d’intégration sociale et professionnelle, de même que de permettre une meilleure connaissance des trajectoires et des expériences de vie des personnes judiciarisées et marginalisés.

 

Brunelle, N. & Cousineau, M.-M. (2005). Trajectoires de déviance juvénile. Les éclairages de la recherche qualitative. Québec : Presses de l'Université du Québec.

Les auteurs de ce collectif se sont donné pour objectif d'apporter une connaissance différente et complémentaire des trajectoires déviantes des jeunes à partir d'études faites avec eux plutôt que sur eux.

À travers les différentes contributions, c'est l'univers de la déviance des jeunes, tel que ceux-ci la vivent, la perçoivent et y réagissent qui se dessine. L'ensemble des textes met en lumière les apports d'études qualitatives sur les trajectoires de déviance juvénile conduites au Québec, en France et en Belgique depuis une dizaine d'années. Des phénomènes déviants que constituent la délinquance, l'usage de drogues, les gangs de rue et la vie en situation de rue chez les jeunes à la prise en charge sociale ou judiciaire de ces jeunes, les auteures présentent à la fois le point de vue des jeunes sur leur situation et celui des intervenants sociaux et judiciaires quant à la déviance juvénile et à sa prise en charge.

Un outil majeur tant en intervention qu'en recherche.

 

Bertrand, M.-A. (2003). Les femmes et la criminalité. Athéna Éditions.

Bonne nouvelle : la criminalité diminue au Canada! Le taux d’infractions par 100 000 habitants ne cesse de baisser depuis 1992. Mauvaise nouvelle : le taux des crimes de violence augmente; c’est celui des crimes contre les biens qui diminue.

Autre mauvaise nouvelle : le taux de criminalité chez les femmes augmente; et très mauvaise nouvelle : la criminalité de violence augmente chez les femmes; elle constitue une part plus grande des infractions qui les conduisent devant les tribunaux et en prison.

Comment comprendre ces données? En les mettant en rapport avec l’évolution de la place qu’occupent maintenant les femmes dans l’espace public? En examinant la réaction sociale et pénale à leur nouveau statut de personnes émancipées? En faisant l’hypothèse de l’augmentation réelle d’une déviance à des valeurs sociales plus fondamentales – davantage de violence contre les personnes plutôt que dominance des infractions contre la propriété ou aux lois sur les drogues? Ou encore, changement dans le droit?

L’auteure examine les faits sociaux et les statistiques criminelles, et les interprète à la lumière de la sociologie du droit et des théories féministes.