Chercheure régulière du CICC

Marion Vacheret
École de criminologie
Université de Montréal
C.P. 6128, Succ. Centre-ville
Montréal (Québec) H3C 3J7

Pavillon Lionel-Groulx
3150, rue Jean-Brillant, C-4096
Téléphone : (514) 343-5677
Télécopieur : (514) 343-2269

 

Publications

 

 

Marion Vacheret, professeure agrégée à l'école de criminologie de l'université de Montréal, est la responsable de l'Equipe de recherche sur la pénalité (EREP) du CICC. Elle est titulaire d'un doctorat en criminologie de l'Université de Montréal (2001), doctorat portant sur « les relations sociales en milieux carcéral », et diplômée (Maîtrise) en Droit de l'université de Paris II, Panthéon-Assas (1993).

Questionnant le recours à l'incarcération comme solution au phénomène criminel et soulevant divers enjeux théoriques et pratiques dans la mise en œuvre de ce choix du recours au carcéral, ses recherches s'inscrivent dans le courant de la criminologie critique et sont centrées sur des études ethnographiques en sociologie carcérale. Basées sur du travail de terrain - observations et entrevues – ses recherches visent à comprendre le phénomène de l'incarcération à partir du sens que les acteurs de ce milieu lui donnent et découlent d'une perspective proche de l'interactionnisme symbolique.

Marion Vacheret a participé activement à titre de spécialiste universitaire à des travaux de réflexion et d'analyse du système correctionnel provincial du Québec en lien avec la mise en œuvre de politiques publiques. Ces travaux ont été coordonnés par des organismes provinciaux tels que l'Association des services de réhabilitation sociale du Québec ou le Bureau de la Protectrice du citoyen. Parallèlement, en collaboration avec Bastien Quirion de l'Université d'Ottawa, elle a mis sur pied un groupe international de réflexion en matière d'exécution de la peine privative de liberté.

Marion Vacheret dirige actuellement des recherches abordant plus particulièrement l'expérience des acteurs du milieu carcéral, tant la population captive que celle travaillant dans cet univers. La violence, violence intrinsèque à la privation de liberté et violence exercée et subie par les acteur du milieu; l'implication individuelle et collective des détenus dans le quotidien carcéral et l'exécution de leur peine, la prise en charge de condamnés présentant des problèmes de santé mentale comme les politiques et les pratiques d'intervention en milieu carcéral, font plus particulièrement partie de ses objets d'étude. Dans une perspective plus large elle travaille aujourd'hui sur des questions reliées à la condamnation pénale et le placement en détention, notamment avant jugement.

Depuis 2003, Marion Vacheret est professeure invitée dans le cadre du Master Droit de l'exécution des peines de l'Université de Pau et des pays de l'Adour, et depuis 2008 à l'Institut de sciences criminelles (ISC) de l'Université Montesquieu-Bordeaux IV. Elle est également membre du comité de rédaction de la revue Déviance et Société et responsable pour le Canada, de la chronique de criminologie de la Revue de Science Criminelle et de Droit Pénal Comparé (RSC) publiée par Dalloz.

Thèmes de recherche

  • Organisation sociale, vie quotidienne et travail en milieu carcéral

  • Droits de la personne et système correctionnel

  • Sanction pénale et justice actuarielle

Principaux projets en cours

  • La détention avant jugement, pratiques et logiques pénales et sociales (CRSH)

  • Les programmes de spiritualité et de guérison autochtones dans les pénitenciers du Québec : perspectives des acteurs (CRSH)

Publications récentes


Patrick Mounaud et Marion Vacheret (2008). L'exécution de la peine privative de liberté au Canada. Mythes et réalités. Ministère de la Justice (France), Direction de l'administration pénitentiaire, collection Travaux & Documents no 75. (93 pages)

Le Canada a fait un choix original en confiant à son administration fédérale la gestion de l'exécution des peines supérieures ou égales à deux années de prison. Ce fut l'occasion pour le Service correctionnel du Canada (SCC) de véritablement réfléchir à ce que sont les fondements de l'exercice de cette mission d'exécution des peines.

Plusieurs rapports approfondis ont régulièrement soutenu et alimenté cette réflexion, et la recherche universitaire qui s'est développée depuis de nombreuses années dans ce domaine a également beaucoup apporté. Les pratiques professionnelles du SCC ont ainsi acquis une véritable renommée internationale. Cette dernière s'est d'autant plus affirmée qu'elle a su se développer dans le voisinage immédiat d'une démocratie américaine qui veut diffuser au reste du monde les grands principes du respect des Droits de l'homme, mais qui enferme derrière les murs de ses prisons une proportion rarement égalée de ses propres citoyens.

Cette publication ne vise pas à couvrir de manière exhaustive tous les champs et enjeux de l'exécution des peines au Canada. Les 14 points retenus touchent quelques éléments caractéristiques du Service correctionnel du Canada, soit dans son histoire, soit dans ses orientations essentielles et permettent de pointer du doigt quelques évolutions qui seront probablement marquantes dans l'avenir.

Patrick Mounaud, directeur interrégional des services pénitentiaires en France. Après 25 années de responsabilités exercées soit en établissement en région ou en administration centrale, soit à la direction de l'École nationale d'administration pénitentiaire, il a consacré l'année 2007-2008 à un ressourcement universitaire et à une immersion très opérationnelle au sein du Service correctionnel du Canada et en lien avec ses nombreux partenaires.

 

Marion Vacheret et Philippe Mary (sous la direction de, 2007). Peines et pénalité au Canada. Autour des travaux de Pierre Landreville. Revue Criminologie, volume 40, no 2. (189 pages).

Ce numéro de Criminologie réunit un groupe de chercheurs européens et canadiens proches de cet auteur qui a longtemps été directement impliqué tant dans la mise en oeuvre de diverses politiques et mesures pénales que dans les débats les entourant. Plus qu’un hommage, les sociologues de la peine que nous avons rassemblés ici tentent non pas uniquement de retracer son parcours, mais également de dégager les grandes tendances qui ont pu marquer les politiques pénales québécoises et canadiennes et à un moindre degré celles de certains pays d’Europe, au cours des dernières décennies.

Choix d’éditeurs, le domaine étant extrêmement vaste, nous avons sélectionné quelques mesures qui nous ont semblé les plus représentatives des politiques pénales canadiennes comme des orientations du Canada en matière de pénalité. Ainsi, Pierre Landreville et Philippe Robert dressent un portrait général de la situation dans leurs pays respectifs. Pour leur part, Dan Kaminski et Pierre Lalande abordent la question des mesures alternatives à l’emprisonnement, mesures dont Pierre Landreville se fit le grand défenseur. De leur côté, Lucie Lemonde et Sandra Lehalle nous rappellent qu’en matière de droit des personnes incarcérées, le Canada fait depuis longtemps figure de proue, figure pour laquelle se battit Pierre autant par son implication sociale que ses travaux de recherche. Enfin, à l’heure d’une «gestion des risques» depuis longtemps mise en cause par Landreville, Philippe Mary analyse le durcissement des politiques de libération conditionnelle en Belgique.

Éclairée par de courts textes de Jean-Paul Brodeur, Alvaro Pires et Hélène Dumont, la réflexion qui se dégage de l’ensemble amènera très certainement le lecteur à non seulement saisir toute la spécificité canadienne en matière pénale, mais également à prendre conscience que nous sommes aussi – et peut-être surtout – des «chercheurs dans la cité».


Marion Vacheret et Guy Lemire (2007), Anatomie de la prison contemporaine, Montréal : Presses de l'Université de Montréal.

La prison demeure un univers méconnu. Cet ouvrage a pour but, non seulement de synthétiser l'essentiel des connaissances sur le milieu carcéral, le vécu des détenus, la place des gardiens, les liens entre membres du personnel et personnes incarcérées, mais aussi de réfléchir à l'institution elle-même dans un contexte de reconnaissance des droits des détenus et de bureaucratisation. Entre « prisonniérisation » et réinsertion sociale, entre coercition et relation d'aide, l'organistation carcérale a-t-elle encore son caractère « total » et coercitif dont on parlait au cours de années 1960 et 1970, ou bien a-t-elle changé en profondeur et jusqu'à quel point ?

En mettant l'accent sur les changements que la prison a connus depuis la fin des années 1970 et plus particulièrement ceux de la dernière décennie, les auteurs apportent un nouvel éclairage sur des dimensions importantes du milieu carcéral.

 

Christian Nadeau et Marion Vacheret (2005), Le châtiment : Histoire, philosophie et pratiques de la justice pénale, Montréal : Éditions Liber.

Le but de cet ouvrage n’est pas de présenter une généalogie conceptuelle du châtiment ni de brosser un panorama exhaustif des travaux en philosophie, en criminologie ou en droit sur les justifications de la peine. De façon plus modeste, nous avons voulu offrir au public un ensemble de travaux permettant de voir d’un peu plus près nos conceptions modernes de la justice pénale. De l’idée selon laquelle les peines sont infligées pour le propre bien des criminels à celle selon laquelle tout crime mérite d’être réparé par le châtiment, en passant par le caractère préventif des peines, nos conceptions de la légitimité des peines reposent sur un certain nombre de postulats en apparence assez simples et que pour cette raison l’on hésite à remettre en cause : nécessité de l’ordre public, dette du criminel à l’égard de ses victimes et de la société, etc. L’ensemble de ces articles permet de jeter un regard critique sur la justice pénale sans prétendre pour autant vouloir la disqualifier.

Mots clés

Institutions carcérales, mesures pénales, méthodologie qualitative, observation participante, politiques pénales, sociologie carcérale.