Chercheure régulière du CICC (1925-2011)

Marie-Andrée Bertrand

Nous avons l'immense regret de vous annoncer le décès subit de Madame Marie-Andrée Bertrand, le 6 mars 2011 à l'âge de 85 ans.

Une cérémonie en son hommage aura lieu le mercredi 20 avril 2011, 19h30, amphithéâtre K-500, Pavillon Roger-Gaudry (UdeM)

 

Hommages divers

  • Hommage conjoint de l'Institut de Criminologie et de Sciences Humaines (ICSH) de Rennes et du Centre Ressources pour les Intervenants après des Auteurs de Violences Sexuelles (CRIAVS) de Toulouse

  • «Une grande dame est partie...». Hommage de Monsieur Philippe Bensimon, Criminologue.

  • Guy Bourgeault, Université de Montréal (Journal Forum, 21 mars 2011)

  • Thérèse Cabana, Université de Montréal (Journal Forum, 21 mars 2011)

  • Le gouvernement québécois a créé pour 2012 un nouveau prix scientifique du Québec en innovation sociale, au nom de Marie-Andrée Bertrand
    Article du Journal Forum, 13 février 2012.

 

Publications

Bertrand, M.A. (2005), « Le rêve d'une société sans risque ».
Drogues, santé et société, vol. 4, 2, pp. 9-41


Marie-Andrée Bertrand a reçu le titre d’Officier de l’Ordre national du Québec, le 22 juin 2005. Il s’agit de la plus haute distinction octroyée par l’État québécois. Les recherches de madame Bertrand ont suivi trois axes majeurs : le rapport des femmes au droit pénal, la politique des drogues et, plus largement, les théories critiques liées au sexe, à la conscience de classe et à l’appartenance ethnique. L’honneur qui lui est fait rejaillit sur tous les membres du CICC.

Criminologue et professeure, son avant-gardisme intellectuel et son parti pris pour la justice ont permis de nombreuses avancées sociales et politiques du Québec et soutenu, de multiples façons, le cheminement de celui-ci vers la modernité et une plus grande équité citoyenne.

Thèmes de recherche

  • Notion de risque et critique des limites du concept

  • Une redéfinition du crime au-delà de la criminologie

  • Le pouvoir genré et genrant du droit pénal appliqué aux femmes

  • Les incohérences de la politique sur les drogues illégales

  • Les théories de la connaissance en sciences humaines et sociales : positivisme, phénoménologie, constructivisme, théorie critique, et postmodernisme et leur application à la criminologie

Principaux projets en cours

  • Les accommodements raisonnables

  • « Qu'est-ce qu'un crime? » « What is a crime? ». Les limites de la définition du crime en droit

Publications récentes

Bertrand, M.-A. (2003). Les femmes et la criminalité, Athéna Éditions.

Bonne nouvelle : la criminalité diminue au Canada! Le taux d’infractions par 100 000 habitants ne cesse de baisser depuis 1992. Mauvaise nouvelle : le taux des crimes de violence augmente; c’est celui des crimes contre les biens qui diminue.

Autre mauvaise nouvelle : le taux de criminalité chez les femmes augmente; et très mauvaise nouvelle : la criminalité de violence augmente chez les femmes; elle constitue une part plus grande des infractions qui les conduisent devant les tribunaux et en prison.

Comment comprendre ces données? En les mettant en rapport avec l’évolution de la place qu’occupent maintenant les femmes dans l’espace public? En examinant la réaction sociale et pénale à leur nouveau statut de personnes émancipées? En faisant l’hypothèse de l’augmentation réelle d’une déviance à des valeurs sociales plus fondamentales – davantage de violence contre les personnes plutôt que dominance des infractions contre la propriété ou aux lois sur les drogues? Ou encore, changement dans le droit?

L’auteure examine les faits sociaux et les statistiques criminelles, et les interprète à la lumière de la sociologie du droit et des théories féministes.

Mots clés

Théories de la connaissance en sciences humaines et sociales, criminologie critique, théorie féministe, genre et crime, risque, critique du concept